Ne pas confondre voirie et SDF

Fin de semaine… Moment de détente autour de quelques noix de cajou en regardant des photos et en pensant à ce qu’il va y avoir à faire la semaine prochaine… Conseil de Paris lundi, des réunions avec les services, des permanences,… Franchement, vivement que les premiers mois du mandat, nécessaires aux rencontres et aux prises de contact, passent pour pouvoir avoir plus de temps afin de se poser, de réfléchir, d’envisager des projets, de percevoir des futurs besoins, de construire un peu plus concrètement…

Et puis, mon regard divague et se pose sur le TéléObs et sur un article sur une émission sur les personnes âgées…. On y parle de la maladie d’Alzheimer, de la maltraitance, de la dépendance, de l’isolement, du niveau de vie… Et rien sur nos vieux dans la rue.

Rien sur la population SDF qui survit, mais pour qui un an est l’égal de deux années. C’est dans la rue, ça pue, ça nous gêne donc on n’en parle pas.

D’ailleurs, c’est bien simple, les établissements pour personnes âgées, c’est minimum 60 ans alors même que dans la rue, on devient plus tôt plus vieux… ll y a bien des établissements spécialisés dans la dépendance qui en accueillent plus jeunes, mais de ce fait, puisque l’entrée du projet social n’est pas la stabilisation mais l’aide à l’invalidité et à la dépendance, la différence d’âge rend malaisées les missions de la structure car pas adaptée.

Il y a donc bien des choses à faire, on le voit bien, en matière d’innovation sociale pour trouver des lieux où les SDF âgés pourraient venir se reposer, se poser, aller et venir, s’installer, redevenir plus que trois lettres majuscules.

Car on me dira ce qu’on voudra, jamais, je ne croirais à la théorie de ceux qui avancent le fait qu’ils ont choisi la rue et qu’ils y sont bien. Ce serait tout simplement nier à l’Homme sa capacité et sa vocation à vivre et à s’émanciper en société.

C’est pourquoi j’ai commencé à proposer à l’équipe municipale du 3ème de mettre à disposition des services sociaux de la Mairie de Paris un immeuble pour y créer une résidence pour SDF vieillissants. J’espère que je serai suivi sur ce point. D’autant que nous avons déjà un immeuble destiné à devenir une structure sociale mais pour lequel nous n’avons pas encore de projets définis.

Par ailleurs, quand on se penche sur ce genre de sujet, on se rend vite compte qu’il y a un vrai retard dans les mentalités pris par notre société. Ok, les SDF, ça dérange, ok, les SDF, ça empêche parfois de passer sur un trottoir, ok, les SDF, ça peut gueuler un peu la nuit. Mais ce sont avant tout des êtres humains et on ne peut pas envoyer une pétition contre leur présence comme on enverrait une pétition pour dire que les rues sont sales, ou alors on a déjà commencé à bien mal définir la saleté, et là, j’ai dû rater quelque chose. Et oui, vouloir régler un problème de présence de SDF, ça passe par la mobilisation des maraudes, la mise en place d’une coordination avec les services municipaux et de la police, l’explication aux riverains, la prise de contact nocturne, gagner leur confiance, trouver celui d’entre eux qui pourra entraîner les autres, réussir à faire qu’un d’abord vous suive puis retourne dans la rue et enfin revienne vers vous, et alors là, on a gagné car on en a sauvé un. Et on peut passer aux autres. Mais cela prend plus de temps que d’installer une poubelle… Mais ça vaut peut être le coup, non?

L’occasion de saluer les équipes du Samu Social et de la Mie de Pain, entre autres, qui font un travail vraiment magnifique.

La Mie de Pain

Le Samu Social


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Au jour le jour · Construire le 3e

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