Loi Macron: ne varietur

Avoir raison contre les autres, en étant un peu seul, sans être sûr de sa propre majorité, cela peut être digne en politique, surtout quand on défend la transformation sociale qui doit dès fois s’imposer en faisant fi du consensus. Mais franchement, je ne pensais pas que nous serions amenés à utiliser le 49-3 pour faire passer une loi qui prévoit d’assouplir les autorisations pour le transport en autocar, de diminuer le prix des tarifs des professions règlementées, d’assouplir les conditions de passage du permis de conduire,… On est quand même bien loin du bouleversement de l’ordre public. Je maintiens ma ferme opposition aux dispositions modifiant la loi ALUR qui permettaient de mieux protéger les locataires des ventes à la découpe ainsi que mon inquiétude pour les salarié-e-s qui devront travailler des dimanches supplémentaires dans des zones touristiques définies par Bercy, sans les maires, et avec des compensations maigrelettes. Mais je ne suis pas dupe du jeu délétère d’une part de quelques-uns à Gauche et au sein de mon propre parti qui ignorent leur groupe, les discussions menées et les logiques institutionnelles acceptées en étant élu, d’autre part de la Droite qui en profita pour laronner à la première occasion… Néanmoins, ne varietur, je rejette l’article 49-3 tout autant que la présentation hagiographique, dramatique et « nécessarisante » de la loi Macron. Sans chercher le consensus, tenter de rejoindre le compromis et une majorité claire aurait été une sortie honorable. Et aurait sans doute donné une autre image de la politique et du parlement.


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Mes coups de gueule · Mes positions

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