Merci, Patricia, d’avoir croisé notre route et d’avoir marché avec nous.

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La tristesse semble tout prendre dans ces moments suivant l’annonce du départ d’un proche, d’un ami, d’un être aimé, d’un compagnon de route. J’ai appris ton départ rue Dupetit-Thouars mercredi matin. Même si cela soldait une attente qui alimentait des discussions depuis peu de temps, le choc fut là.

Car tu as été une compagne de route de notre équipe municipale ces sept dernières années, en charge des affaires scolaires, de la petite enfance, de la jeunesse et des sports. Je t’ai vu porter ces dossiers avec le souci constant d’obtenir des résultats concrets et non pas juste de tenir une place ou une attitude. Je t’ai vu mener tes combats contre tous, l’administration, le rectorat, les conservatismes, quand tu avais construit ta cause, juste. Souvent nous avons échangé des regards complices et des paroles entendues car, entre nos délégations, il y a tant de points communs.

Patricia, tu as été une militante de chaque instant. Sachant construire tes refus et tes adhésions. D’ailleurs, tu as croisé notre chemin car tu étais militante, pour le Réseau Education Sans Frontière. Sachant nous remettre à notre place, nous les socialistes (tu disais cela en insistant sur le « o », en ouvrant le phrasé de cette voyelle, en faisant un rond de ta main et en envoyant ta tête en arrière) quand on faisait des entorses à nos idéaux ou quand nous nous déconnections de la réalité. Tu avais su garder cette capacité à être choquée et à ne pas en rester là. C’est sans doute là que la conscience humaine se créé.

Nous avons ri énormément ensemble. Je garde en mémoire ces soirées si nombreuses à la pizzeria Saint Joseph qui se sont peu à peu transformées en déjeuner au Sancerre. Tu demandais « le moulin », tu appelais les serveurs par leurs prénoms. Avec Jean Jacques, le plus souvent, ou sinon nous te ramenions bras dessus bras dessous en continuant les rires. Avec les copains, nous étions moqueurs et gare à celui qui passait entre tes expressions triviales. Pute borgne, tu disais pour ponctuer tes énervements. Tu nous parlais de tes chats, un peu de ta peinture, de Bruxelles, de vos vacances. Et de Mélanie, de son âge, de son cheval, de ses frasques (Londres, maquillage et docks), de son petit copain.

On sentait tous que tout cela te faisait tenir et que jamais tu n’y aurais renoncé.

Voila. Tout cela est fini. On parle de combats que certains gagnent, que d’autres perdent. Pour moi, ce sont plutôt des musiques dont on ne connaît pas la durée et pour lesquelles une corde d’un archer risque de rompre ou non.

La tristesse semble tout prendre dans ces moments suivant l’annonce du départ d’un proche, d’un ami, d’un être aimé, d’un compagnon de route. La tristesse a tout pris aujourd’hui. Demain, ce sera ton souvenir qui prendra tout.

Merci, Patricia, d’avoir croisé notre route et d’avoir marché avec nous.

 

Elue en 2008, issue de la société civile, Patricia Brebion-Valla, 58 ans, a été adjointe au Maire du 3e arrondissement chargé des affaires scolaires et de la réussite éducative. Réélue en 2014, elle garda son écharpe d’adjointe, ses délégations et s’occupa également de la petite enfance, de la famille, de la jeunesse et du sport.


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Commentaires

  • C’est très beau, Merci Gauthier

    Valla 8 mai 2015 9 h 40 min Répondre

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