Jean-Philippe Daniel, de bobo à bo comme…

JPD

Jean-Philippe Daniel est coprésident de la Régie de Quartier Paris Centre, qui emploie dans le centre de Paris des personnes en insertion et qui créé des actions de lien social. La mixité du 3e, il la touche du bout des doigts. Et il a un avis tranché sur les ressorts de cette mixité sur l’image de notre arrondissement…

 

Le 3e a franchi l’Histoire et s’est fait des histoires. C’est quoi votre histoire du 3e ?

Mon histoire du 3e a commencé il y a un peu moins de 20 ans, rue Au Maire, au métro Arts et Métiers. Elle s’est interrompue pendant quelques années, le temps d’un long séjour américain et d’une parenthèse rive gauche, puis a repris son cours depuis 2004, lorsque j’ai emménagé rue du Temple, non loin de la place de la République. C’est une histoire d’attraction mutuelle, me semble-t-il. Je crois que ce quartier et moi étions faits l’un pour l’autre. J’y ai mes habitudes, mes commerçants, mes cafés, mes restaurants, et la majorité de mes amis. J’adore arpenter ses rues, flâner dans ses parcs, me balader rue de Bretagne en sachant que je suis presque certain de croiser quelqu’un que je connais. Aujourd’hui, le 3e est mon village.

 

Il bouge ce 3e. Vers qui, vers quoi, comment selon vous? 

Le 3e évolue, dans une direction qui, malheureusement, n’est peut-être pas la plus souhaitable. Jusqu’à une période très récente, deux ou trois ans peut-être, nous étions un arrondissement « bobo », animé et tolérant. Aujourd’hui, j’ai un peu peur que le 3e se transforme en un arrondissement franchement bourgeois, dans lequel le coût de la vie augmente fortement, le repli sur soi s’accentue et la moindre activité nocturne devient une nuisance. Je ne plaide certainement pas pour que tout soit permis, mais je n’ai pas envie non plus de vivre dans un quartier totalement gentrifié, muséifié, aseptisé. Nous bénéficions d’équipements culturels parmi les plus beaux de Paris (le Carreau du Temple, la Gaité Lyrique,…), nous résidons dans un quartier qui vit, qui bouge et qui offre encore une forme de mixité sociale. C’est une chance, un privilège. Il faut que nous parvenions à maintenir cet équilibre fragile entre qualité de vie des habitants, lien social et animation de l’arrondissement.

 

Et vous dans tout cela, quel est votre rôle? 

Celui d’un citoyen engagé dans la vie de son quartier. A ma petite mesure, j’essaie de faire en sorte que la 3e reste un arrondissement accueillant, tolérant, solidaire. Avec les élu/es concerné/es, avec d’autres responsables associatifs, nous oeuvrons à conserver au 3e ce qui a fait que nous sommes tombés amoureux de ce coin de Paris, au-delà de ses trésors architecturaux. Plus que jamais, je suis convaincu de la pertinence des initiatives locales, pour construire ou reconstruire du lien social, « booster » l’activité économique d’un quartier, créer des emplois,…Et je suis très heureux de constater que nous sommes encore nombreuses et nombreux, dans le 3e, à partager cette conviction et à agir pour qu’elle soit une réalité.

 


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Au jour le jour · Le 3e, ses enfants rouges

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