Vu dans la presse: Dans le IIIe, les seniors ont leur mot à dire

VADA

Via Le Parisien, 26/02/2016, Philippe Baverel

« Nous ne voulons pas d’un club du troisième âge ! » D’une formule, Martine, « habitante du Marais depuis trois générations », résume bien l’état d’esprit de la conférence citoyenne mise en place par la mairie du IIIe pour intégrer la dynamique « Ville amie des aînés » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le IIIe compte 35 000 habitants dont 17 % ont plus de 55 ans, seuil à partir duquel on devient unepersonne âgée, selon l’OMS. «Attention, prévient Gauthier Caron-Thibault, premier adjoint (PS) au maire du IIIe, quand on dit personne âgée, on pense tout de suite à dépendance et Alzheimer… Or, 10 % des plus de 60 ans sont dépendants, ce qui signifie que 90 % vont très bien. »

Un rapport remis au maireDésignés par tirage au sort sur les listes électorales, une cinquantaine d’hommes et femmes de plus de 55 ans ont accepté de jouer le jeu. A l’issue de deux réunions en décembre et de l’audition en janvier d’acteurs locaux (responsable de la régie de quartier, du centre d’action sociale…), un rapport a été remis à Pierre Aidenbaum, maire (PS) du IIIe et à Dominique Versini, adjointe (SE) aux personnes âgées à l’Hôtel de Ville.

Pas question aux yeux de ces jeunes seniors soucieux de favoriser les liens entre générations, de créer un ghetto d’anciens. « Nos idées doivent bénéficier à des personnes de tous âges, comme la bourse d’échanges intergénérationnels », martèle Martine, 65 ans. Au-delà du partage de compétences (couture, bricolage…), Martine s’interroge : « Pourquoi ma voisine de 90 ans qui n’ose plus aller seule au théâtre, ne pourrait-elle pas, grâce à cette bourse, inviter au spectacle une étudiante s’engageant à l’accompagner ? »

Autre proposition : l’installation de plus de bancs publics sur les trottoirs et de chaises dans les squares et jardins, deux idées qui seront mises au vote du budget participatif cet automne. « Ça paraît tout bête mais il arrive qu’une personne âgée un peu fatiguée finisse par renoncer à sortir, faute de bancs dans la rue. Ainsi commence l’isolement », observe Jean-Marc, 68 ans.

En quadrillant le quartier pour répertorier les endroits les plus appropriés, les membres de la conférence ont retrouvé les traces d’anciens bancs qui « ont été retirés car squattés par des clochards », rappelle Jean-Marc. « Pourtant, le besoin subsiste. Et le banc est un lieu de convivialité intergénérationnelle par excellence qui profite à tous, petits et grands », conclut Odile.


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