A very bad day…

tristesse

Il y a des matinées où c’est dur de se remettre à travailler quand on apprend l’arrivée à la tête de la première puissance mondiale d’un homme qui aura usé autant d’arguments nauséabonds et qui présente un tel passé qu’il n’est pas besoin de qualifier. Bien sûr, Hillary Clinton n’est pas parfaite, loin s’en faut, mais elle devait être le débouché des aspirations progressistes et aussi de tous les américain-e-s qui préfèrent Rosa Parks au Ku Klux Klan. Le résultat est cependant là. Et il est riche en enseignements pour la gauche en Europe et en France. Tout d’abord, quand on n’obtient pas de résultats dans la vie de tous les jours de personnes qui se sentent abandonnées, elles vous abandonnent. C’est le cas des états traditionnellement démocrates mais désindustrialisés, c’est le cas des périphéries. Sur ce point, les cartographies des résultats ne mentent pas. Ensuite, qu’il faut définitivement croire que s’adresser à des catégories de la population en tant que tel ne permet pas d’obtenir leur vote : un-e LGBT, un-e black, un-e latino, une femme, un-e handicapé-e a voté avant tout comme un-e américain-e aux prises avec les mêmes frustrations et aspirations. Hillary Clinton a trop minoré ce point. Egalement, que la politique va vite et que pour qu’un dialogue s’installe entre un peuple et son président, il faut que le peuple ait l’impression que son président a des choses nouvelles à dire. A ce titre, Hillary Clinton, présente dans le scop politique depuis tant d’années, ne remporte pas la victoire. (A ce sujet, je m’abstiendrai de parler d’ « élite » car, si le fait de dire « prendre les femmes par la c*** » permet de faire oublier qu’on en fait partie aussi, l’argument n’a pas de poids.) C’est même à se demander si la présence d’Obama n’a pas eu un effet contraire à celui recherché. Enfin, Trump a fait le choix de gagner avec l’investiture des Républicains. Il aura pu faire un pari à la Ross Perot comme en 1992 (indépendant, près de 20% des voix aux présidentielles), mais il a préféré opter pour l’appui des Républicains, alors même que les conditions de financement des campagnes ne s’appuient pas que sur les partis et qu’il aurait pu s’en libérer. C’est peut-être qu’en politique, s’affranchir d’une famille de pensées qui travaille un pays depuis des dizaines d’années (plus pour d’autres) ne paie pas. Tout ne se calquera pas sur les problématiques de la politique en Europe ou en France, mais si on pouvait axer notre action sur la production et la redistribution des richesses, si on faisait de la politique un peu plus sur ce qui nous unit et un peu moins sur ce qui nous divise, si on pouvait considérer que l’expérience vient avec le moment et pas avec le temps et si on pouvait construire tout cela en raccrochant les combats communs futurs à des conquêtes collectives passées, alors, peut-être qu’on pourra un peu changer la donne. Et éviter que Donald Trump ne soit élu en France, et d’autres en Europe. (Avis aux commentateurs : ceci est un post et non un programme politique, j’ai bien conscience que tout reste à construire, mais j’ai surtout bien conscience que mon parti au pouvoir ne fait pas cela à 100%…)


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Mes coups de gueule · Mes positions

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