Alban Vandekerkove, l’ambassadeur venu du Nord

En 10-15 ans, la vie dans le quartier Arts et Métiers a bien changé et ceux qui y sont depuis aussi longtemps peuvent en témoigner. C’est le cas d’Alban Vandekerkove (oui, avec un nom pareil, il vient du Nord). Loin des nostalgiques, Alban aime les visages nouveaux et au pluriel que prennent les petites rues de ce quartier si spécifique de l’identité du 3e: à la fois chinois, gay, avant-gardiste,… Bref, un melting-pot de Paris et de ses identités.

Le 3e a franchi l’Histoire et s’est fait des histoires. C’est quoi votre histoire du 3e ?

Elle a commencé en 2000. Diplôme en poche, je décroche mon premier emploi et quitte le cocon familial de Lille pour Paris. Je ne connaissais rien aux arrondissements parisiens et je venais y visiter des appartements. Mon premier souvenir dans le 3ème a eu lieu sur la ligne 11, à la station Arts-et-Métiers entièrement recouverte de cuivre façon Jules Verne, mon auteur préféré. Je l’ai vu comme un signe. Quelques semaines plus tard, je m’installais dans le quartier Saint-Martin pour débuter ma nouvelle vie. 16 ans plus tard, j’y vis toujours.

Il bouge le 3e. Vers qui, vers quoi, comment selon vous ?

Quand je suis arrivé, certaines rues étaient en pleine mutation. Une époque prenait fin. Les bonneteries et grossistes ont fait place à des cafés, des commerces de bouche tenus par de jeunes passionnés. A l’époque, avec mes amis qui venaient me rendre visite, nous sortions aux Bains-Douches, ils y vont toujours quinze ans plus tard mais cette fois pour y dormir. Mais ce que j’aime surtout, c’est la polyvalence grisante et permanente de certaines rues qui voient défiler à la fois le nouvel an chinois et les semaines de la fashion week mais également le Carreau du Temple où je passe d’un salon du livre aux nouvelles technologies d’un forum high-tech.

Et vous dans tout cela, quel est votre rôle ?

Depuis 9 ans, je suis maintenant indépendant. Le 3e, j’y vis, j’y travaille et j’y sors aussi. Je donne mes rendez-vous dans le quartier, trouve l’inspiration dans les galeries et les espaces co-working, travaille et déjeune dans les cafés et le fait découvrir aux amis étrangers de passage et à la famille, un peu comme un guide lors d’une visite touristique. D’ailleurs, mes proches, à chacune de leurs venues me demandent : «Montre-nous ce qu’il y a de nouveau dans ton quartier !». Je pense que les Parisiens qui se sentent bien dans leur arrondissement sont les meilleurs de ambassadeurs.


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Au jour le jour · Le 3e, ses enfants rouges

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