Découvrir Elisa Lemonnier dans le 3e à l’occasion du 8 mars

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C’est avec beaucoup de joie que, deux jours après la journée internationale des droits des femmes, nous avons inauguré aujourd’hui, en présence de Seybah Dagoma, députée, Pierre Aidenbaum, maire du 3e, et Hélène Bidard, adjointe à la maire de Paris chargée de l’égalité femme/homme, au 9 rue de la Perle, une plaque rendant hommage à Elisa Lemonnier, ses idées progressistes, son engagement pour la formation professionnelle et la condition des femmes. Cette militante saint-simonienne du XIXe siècle avait choisi le 3e arrondissement pour inaugurer le premier établissement dédié à l’enseignement professionnel pour les femmes.

« Ma chère Femme,

[…] J’ai vu naitre chez toi la pensée de l’œuvre à laquelle ta mémoire demeure justement attachée ; sans autre ressource que l’énergie passionnée d’un courage infatigable, […] je t’ai vue, pendant quatorze ans grouper peu à peu tes amies, […] jusqu’au jour où, dans ce petit local rue de la Perle, vous avez pu, Femmes généreuses, recueillir votre seule récompense : la joie de fonder la première école laïque et libre qui ait été ouverte pour l’Enseignement professionnel des jeunes filles. »*

C’est avec ces mots que Charles Lemonnier fait débuter l’ouvrage qu’il consacre en 1866 à sa défunte épouse. Marie-Julienne Grimailh nait le 24 mars 1805 à Sorèze, dans une famille protestante de condition médiane. Après la mort de son père, la jeune fille, que ses proches appellent Elisa, est élevée par sa mère et sa grand-mère. Ses frères sont scolarisés au collège de Sorèze qui se distingue par la qualité de son enseignement. Elle, noue une profonde amitié avec Fanny, la plus jeune fille de Monsieur Ferlus, le directeur de l’établissement.

En 1831, elle épouse Charles Lemonnier, professeur de philosophie et adepte des idées saint-simoniennes. En gagnant Paris, le couple s’imprègne des idées républicaines et libérales qui s’y développent. Les époux vivent avec enthousiasme les journées révolutionnaires de 1848 qui font naitre la Seconde République. Mais à la suite de ces événements le travail se raréfie et Elisa Lemonnier est confrontée à la pauvreté à laquelle de nombreuses femmes, privées de qualifications professionnelles, sont réduites.Pour y remédier, elle décide de fonder un atelier de couture. Elle y emploie des femmes qui, rue du Faubourg Saint Martin, confectionnent des couvertures à destination des hôpitaux et les prisons. Le succès de son opération l’amène à fonder une école dédiée à la formation des jeunes femmes. C’est ici, au 9 rue de la Perle, dans le 3e arrondissement qu’elle fonda la première école dédiée à l’enseignement professionnel des jeunes filles. L’école devient rapidement trop petite, elle s’exporte pour accueillir davantage d’élèves. Le projet est une réussite, le modèle est repris et d’autres écoles ouvrent en Suisse et en Belgique.

Elisa Lemonnier décède à Paris le 5 juin 1865. Quelques mois avant de mourir, elle déclarait à ses amies : « J’ai fait mon œuvre, […] c’est à vous de la prendre et de la continuer. Je jouirai du bien que vous ferez, vos succès seront toujours les miens ».* Quelques années plus tard, le 21 décembre 1880, le président de la République Jules Grévy, promulguait la loi instituant les collèges et lycées publics de jeunes filles.

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*Charles Lemonnier, Elisa Lemmonier, fondatrice de la Société pour l’enseignement professionnel des femmes, Toinon, Saint-Germain, 1866.


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Au jour le jour · Se réunir dans le 3e

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