Les raisons de mon vote pour Hamon

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Ce soir à minuit, le silence sera d’or et le peuple s’exprimera donc dimanche. D’ici là, je tenais à préciser en quelques mots les origines de mon vote pour Benoît Hamon. Je considère que, pour ces élections, quand on est de gauche, trois choix sont possibles : Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron.
 
Personnellement, le vote Mélenchon ne reste qu’à l’état d’option car je ne partage pas sa vision antagoniste des rapports sociaux. C’est court mais c’est suffisant.
 
Je pourrai voter Emmanuel Macron. Je dois bien avoir autant de points d’accords et/ou de désaccords avec son programme qu’avec celui de Benoît Hamon. Je ne jette pas tout et je ne garde pas tout. Mais, de ces points, j’ai pu en discuter avec mes camarades, J’ai pu dire mes réserves sur le revenu universel. J’ai pu en débattre, m’orienter à l’aune des combats menés par la Gauche depuis que cette pensée existe. Pour Hamon, je fais campagne sur des thèmes nouveaux, pour un Président qui mettra sur la table des sujets oubliés ces dernières années. Avec Hamon, je fais campagne avec des camarades avec qui j’ai lutté contre le Front National, avec qui j’ai parrainé des enfants sans papier, avec qui j’ai manifesté contre le CPE, avec qui j’ai manifesté contre l’homophobie assumée… avec qui j’ai dit non à des personnes qui prenaient certaines décisions incompatibles avec mes valeurs et aspirations.
 
Choisir Macron, ce serait pour moi un peu comme abdiquer cette histoire, sans débat, sans explication, et faire table commune avec ceux-là même qui prenaient des décisions qui m’ont fait aller dans la rue. Je ne nie pas qu’il y a des gens à droite qui nourrissent une vision de l’Homme qui donne sa raison d’être à la République, vision sur laquelle ils peuvent se retrouver avec d’autres personnes de gauche. Bien sûr, et c’est tant mieux, et il y a des moments pour célébrer cela. Mais je ne crois pas qu’il soit sain de faire croire que le premier tour d’une élection présidentielle soit un référendum sur cette question, au nom du dépassement des clivages. Cela revient à jeter l’opprobre sur celui qui ne fait pas ce choix et cela minimise la gravité d’un second tour qui ferait de la place aux extrêmes, le fameux vote utile.
 
Je suis peut-être old school, mais je suis de gauche, je me sens de gauche et j’inscris les combats que je mène dans cette tradition. La gauche aujourd’hui manque sérieusement de réflexions, c’est un fait, d’identification, c’est sûr, de propositions, c’est vrai. Et je ne m’y résous pas et j’espère que ces quelques mois pernicieux mettront quelque chose en route. Pour autant, je ne pense pas qu’on puisse surmonter les clivages, dépasser l’Histoire, brouiller les repères en six mois alors que la Politique a mis plusieurs siècles pour s’écrire. C’est se condamner à voir revenir les clivages anciens sans pouvoir les contrôler, à gouverner un jour à gauche, un jour à droite. Sans rien y comprendre, ce qu’il y a de pire pour la démocratie. Sans être clair, ce qu’il y a de pire pour la politique. Sans inspirer confiance, ce qu’il y a de pire pour la république. Avec le risque que ce soit les plus pauvres qui en fassent les frais, comme les chômeurs de longue durée, qui ne le sont pas qu’à cause d’un manque de formation mais que l’on veut contrôler sur ce seul aspect.
 
Je voterai donc Hamon, sans un grand sourire, mais je voterai pour. Pour la gauche. A chaque vote suffit sa peine.

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