Conseil d’arrondissement: âge et économie du partage

Conseil-d’arrondissement

Notre mairie d’arrondissement est la première à avoir organisé une grande conférence citoyenne sur l’adaptation de la ville au vieillissement de sa population. Une centaine d’habitant.e.s du 3e, tirée au sort, ont réfléchi à ce que pourrait être un arrondissement « ami des ainés ». Leurs travaux ont permis la rédaction d’un rapport dont les conclusions ont permis de dégager plusieurs préconisations constituant notre plan d’actions. Lundi soir, j’ai eu le plaisir de présenter ce plan aux élus du 3e. Il nous permettra de devenir le premier arrondissement parisien à rejoindre le réseau français de « Villes Amies des Aînés », reconnu par l’Organisation mondiale pour la santé. Ce plan, adopté par le conseil d’arrondissement, se décline en 15 actions parmi lesquelles : un lieu intergénérationnel, un dispositif de lutte contre l’isolement, une gazette pour les seniors, un espace d’activité physique adapté, une brochure sur l’adaptation du logement, une bourse aux échanges, l’installation de nouveaux bancs, la lutte contre la fracture numérique… Ces réalisations permettront de structurer l’action de notre arrondissement en faveur d’une meilleure inclusion, d’une information plus efficiente et accompagnement des seniors plus important. Elles mobiliseront l’ensemble des champs d’action de notre mairie et traduiront la volonté du 3e, de ses services et de ses partenaires, d’élaborer avec les seniors eux-mêmes une politique innovante, volontariste et cohérente. Notre ambition est de façonner un nouveau visage pour le Paris de demain qui soit accessible et bienveillant à l’égard de tous les âges, alors que de plus en plus de parisien.ne.s arrivent dans le champ de l’âge.

Il fut ensuite question de logements avec la réhabilitation de la Caserne des minimes. Des études architecturales approfondies ont été menées, elles proposent d’utiliser les capacités d’aménagement des combles et d’une cage d’escalier pour permettre l’aménagement de 13 logements supplémentaires. Au total, la Caserne accueillera donc 70 logements, une crèche de 90 berceaux et 11 locaux d’activités aménagés en rez-de-chaussée.

Nous avons également validé une modification du règlement des changements d’usage afin de mieux encadrer les locations saisonnières. Confrontée au développement intempestif des locations touristiques saisonnières sur son territoire, la Mairie du 3e a très tôt formulé de nombreuses propositions pour encadrer cette activité qui s’inspire généreusement de l’économie du partage. La compensation fait partie des outils mis en place par la Ville. Elle impose aux propriétaires, qui souhaitent louer leur bien au-delà de la limite de 120 jours par an, d’effectuer une demande de changement d’usage, actant que leur logement n’est plus un logement mais une chambre d’hôtel donc une activité économique. Ce dispositif a obtenu des résultats qu’il importe d’amplifier. Jusqu’ici, lorsqu’une personne souhaitait convertir une surface de logement en activité commerciale (les locations saisonnières sont considérées comme des locaux commerciaux) elle devait transformer, pour compenser, une surface équivalente d’activité commerciale en logement dans le même arrondissement. Cette règle de compensation va évoluer pour devenir plus contraignante : la compensation devra se faire dans le même quartier. J’en profite pour rappeler que chaque Parisien qui souhaite louer son logement via une plateforme de location saisonnière sera tenu, à partir du 1er décembre, d’obtenir un numéro d’enregistrement en renseignant les informations nécessaires à l’adresse suivante : https://teleservices.paris.fr/meubles-tourisme/

Le Conseil d’arrondissement s’est ensuite penché sur un sujet récent et qui a rapidement pris de l’ampleur. Gobee.bike (Hong Kong), O bike (Singapour) et bientôt Ofo (Chine), ces entreprises ont inondé les rues parisiennes de vélos en libre partage avec une incroyable vivacité. Elles ont su profiter de la latence générée par le remplacement des stations de Vélib’ pour investir le marché des vélos en libre-service. La location de vélos partagés géolocalisables, si elle contribue au développement des mobilités douces et permet de nouveaux usages, soulève un certain nombre de questions. En Chine, où le système s’est démocratisé, les autorités sont confrontées à des amoncèlements de vélos sur l’espace public. C’est une problématique sensible pour notre arrondissement du centre où les trottoirs sont particulièrement étroits pour des raisons historiques. Parce qu’ils sont non polluants, nous pouvons nous réjouir du développement des déplacements à vélo à Paris. Mais ils ne doivent pas saturer l’espace public et faire obstacle aux déplacements des piétons. Je pense tout particulièrement aux personnes âgées, aux personnes handicapées ou aux personnes avec poussette. Pour cette raison, Pierre Aidenbaum, Maire du 3e arrondissement et Christine Frey, ma collègue élue en charge de la Voierie et des Déplacements ont présenté un vœu adopté par le Conseil d’arrondissement hier soir. Ce vœu interpelle la Ville de Paris lui demandant de réagir rapidement et de mettre en œuvre un dispositif qui régule cette activité et sanctionne les mauvais comportements afin d’éviter une saturation de l’espace public. Tout comme la questions des locations touristiques, la Mairie du 3e fera des propositions de régulation de ce nouveau phénomène de l’économie du partage qu’il importe de réguler très en amont si nous ne voulons pas le subir…


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Construire le 3e

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