Dependance: attention à la copie incomplète…

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Quiconque est un jour allé dans un EHPAD ne peut que comprendre qu’il faut une politique de moyens, de conditions de travail et d’amélioration des accueils. C’est évident, même si le secteur a fait d’énormes progrès. En cela, le Comité consultatif national d’éthique a raison. Cependant, la transition démographique nous impose de voir plus loin. Si nous allons vivre plus vieux, les enjeux résident dans le « nous » et dans le « plus ». Le « nous », c’est l’enjeu quantitatif: en 2030, c’est autant de plus de 50 ans que de moins de 50 ans. C’est un bouleversement sociétal énorme qu’il nous faut prendre en main dès maintenant: lien social, aménagement des villes, rapport entre les générations à mettre en valeur autrement que par les retraites,… Si on ne fait rien, c’est une société à deux vitesses que nous allons créer, une société qui exclura avec violence celles et ceux qui n’y sont pas adaptés. Le « plus », c’est l’enjeu qualitatif. On vit plus vieux mais on vieillit mal. Avec beaucoup de cause de la dependance qui pourraient être évitées: chute dans un logement inadapté, malnutrition chronique, isolement qui entraîne la baisse des fonctions cognitives,… tout ne se réglera pas par les médicaments mais par une vraie politique de prévention qui cherchera à repérer les fragiles pour les accompagner, qui partagera des messages de prévention sur le bien vieillir comme on en partage sur tant d’autres sujets, qui adaptera les logements pour nous sortir de la lanterne rouge de l’Europe (seuls 6% en France!),… et cette politique s’adresse à 90% des retraités qui sont autonomes et entendent le rester. Le gouvernement prépare sa feuille de route sur le vieillissement. J’espère qu’on y trouvera la volonté de relever le défi de l’âge dans nos société, et pas seulement l’impérieux traitement de la question de la dépendance. Sinon la copie sera bonne mais pas complète. Notre société ne pense le lien entre les individus que par le prisme de l’activité économique ou par celui de la prise en charge (enfants, malades, dépendants ou handicapés). Manque de bol, les retraités ne sont ni l’un ni l’autre et ils sont/seront pourtant si nombreux… À tel qu’il n’est pas rare que 4-5 générations se côtoient. Et notre société va devoir se reconstruire avec cette nouvelle donne qui doit être un atout bien préparé plutôt qu’une contrainte subie.


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