Un lieu pour les Emeutes de Stonewall

Heureux et #FIER que le Conseil du 3e ait voté à l’unanimité un vœu demandant qu’un lieu du Marais porte le nom des « Émeutes de Stonewall ». Nous en fêterons bientôt les 50 ans. C’était le début de la communauté LGBT, une communauté qui s’est battue & se bat pour l’égalité des droits.

Vœu pour attribuer le nom des Émeutes de Stonewall à un lieu du Marais

Le 28 juin prochain, il y aura 50 ans que les émeutes de Stonewall, une série de rébellions de la communauté LGBTQI+ contre un raid de la police à New York, se déroulèrent dans le bar du même nom, à Greenwich Village.

Les descentes de police étaient monnaie courante, à l’époque, autour du « Stonewall Inn », ce qui révoltait les client•e•s du bar. Servir des boissons alcoolisées aux homosexuel•le•s, danser entre hommes ou entre femmes, se travestir étaient alors interdit à New York.Face à cela, les résident•e•s du quartier se sont organisé•e•s en groupes militants, pour protéger des lieux où les gays, les lesbiennes et les transgenres pourraient se retrouver sans crainte d’être arrêté•e•s, comme le Stonewall Inn.

Lors de ces émeutes, dites « de Stonewall », fin juin 1969, de nombreuses femmes transgenres, d’hommes jugés trop « efféminés » et de femmes trop « garçonnes » furent pris à partie par les forces de police. Mais au lieu de se laisser faire en silence, comme d’habitude, les personnes prises à parties se sont ce soir-là rebellées contre les insultes, contre les mains baladeuses et les coups. Et les habitant•e•s du quartier, solidaires et exaspéré•e•s sont venu leur prêter main forte. La première nuit, treize personnes furent arrêtées et quatre policiers ainsi qu’un nombre inconnu de manifestant•e•s blessé•e•s. La foule, estimée à 2 000 personnes, lançait des bouteilles et des pierres aux 400 policier•e•s arrivé•e•s sur place ; la police finit par envoyer la Tactical Patrol Force, une unité anti-émeutes. Cependant, les agents ne parvinrent pas à disperser la foule, qui continuait à leur jeter des pierres et toutes sortes de projectiles. Les journalistes assistaient à plusieurs jours de combats, qui se poursuivirent dans la rue pendant cinq jours durant lesquels toutes les brimades dont les homosexuel•le•s avaient été victimes précédemment refaisant surface. Sur les murs du bar, des tags firent rapidement leur apparition pour souligner les discriminations dont était victime la communauté LGBTQI+ et l’urgence de légaliser enfin les bars gays.

Ces événements sont souvent considérés comme le premier exemple de lutte des LGBTQI+ contre les persécutions des autorités vis à vis des homosexuel•le•s. Ces émeutes représentent le moment symbolique marquant la réelle éclosion du militantisme LGBTQI+, aux États-Unis et partout dans le monde.

Après les émeutes de Stonewall, les gays et lesbiennes de New York ont franchi les fossés de genre, de générations, de couleur de peau et de classe pour former une communauté solidaire. En l’espace de six mois, deux organisations homosexuelles furent créées à New York pour structurer des actions militantes et trois journaux furent fondés dans le but de promouvoir les droits des gays et des lesbiennes. En quelques années, des organisations de défense des droits des homosexuel•le•s ont fait leur apparition aux États-Unis et dans le monde. Le 28 juin 1970, les premières marches des fiertés ont eu lieu à Los Angeles et à New York pour marquer l’anniversaire des émeutes de Stonewall. Des marches similaires ont été organisées dans d’autres villes et, aujourd’hui, elles sont organisées chaque année, partout dans le monde, pour commémorer ces émeutes, parfois sous le nom « Christopher Street Day ». En France, les Marches des fiertés ont lieu en juin en souvenir de cet événement. En 2019, les 50 ans des émeutes de Stonewall seront marqués, à New York, par l’organisation de la plus grande manifestation LGBTQI+ de l’histoire, « Stonewall 50 / WorldPride ».

La première marche des fiertés en France eut lieu en 1971 sous la forme d’une participation au traditionnel défilé du 1ermai et en 1977 de manière totalement indépendante. Depuis, une telle marche est organisée chaque année à Paris et plusieurs dizaines de villes en accueillent. Festives, ces marches n’en sont pas moins revendicatives. Elles ont participé à la lutte contre les discriminations et à l’évolution des droits de la communauté LGBTQI+ vers plus d’égalité : majorité sexuelle au même âge pour les relations hétéro- et homo-sexuelles, protection contre les discriminations, reconnaissance des couples par le Pacs (Pacte Civil de Solidarité) puis également des familles homoparentales par le mariage et l’adoption… Le chemin reste cependant encore long à mener sur des sujets comme le don du sang, la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes ou le respect de l’intégrité physique et des droits des personnes trans et intersexes.

Paris détient le record de France des mariages pour les couples de même sexe; ils représentent plus de 11% du nombre total de mariages parisiens, quand la moyenne nationale s’établit à 3%. Entre autres actions pour des publics spécifiques, le Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris (CASVP) développe une formation à l’accueil des personnes LGBTQI+ vieillissantes, notamment au sein des EHPAD. La capitale a également accueilli, en août 2018, la 10e édition des Gay Games, les Mondiaux de la diversité. Suite à une vague d’agressions LGBT-phobes à Paris, en 2018, Anne Hidalgo a voulu une concertation avec les associations et a annoncé 32 mesures concrètes pour faire respecter les droits de tou•te•s ; parmi ces avancées, auxquelles ont contribué des associations comme SOS homophobie, le MAG-Jeunes LGBT, l’Association nationale transgenre, Outrans ou Flag !, un meilleur accompagnement des personnes trans pour les changements d’état civil ainsi que des actions en milieux scolaires, mais aussi l’intervention de la Ville auprès de l’État pour qu’il renforce la formation initiale et continue sur les LGBT-phobies des policier•e•s et gendarmes. Il s’agit également d’améliorer l’accueil des victimes dans les commissariats et gendarmeries.

Les émeutes de Stonewall ont joué un rôle indéniable dans la lutte contre les discriminations et la lutte pour une plus grande égalité. Elles mobilisent encore dans nos pays, mais également là où les personnes LGBTQI+ craignent pour leur intégrité physique ou le respect de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. C’est pourquoi Paris, élue capitale la plus gay-friendlyau monde en 2018 et dont l’ambition est de devenir la capitale des droits LGBTQI+, comme l’a annoncé la Maire Anne Hidalgo, doit honorer ce mouvement militant débuté aux Etats-Unis et qui se répand aujourd’hui sur toute la planète.

Aussi, sur proposition de Pierre Aidenbaum, maire du 3e, Ariel Weil, maire du 4e, Gauthier Caron-Thibault, premier adjoint au maire du 3e, Boris Jamet-Fournier, adjoint au maire du 4e, les élu•e•s des Conseils du 3eet du 4edemandent à ce que le nom d’« Émeutes de Stonewall » soit donné à un lieu du Marais, à l’occasion de leur 50eanniversaire.


Article Tags:
Article Categories:
Construire le 3e

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *